Alors que le système ferroviaire dans l’agglomération toulousaine est peu valorisé pour ne pas dire oublié pour améliorer la mobilité de ses habitants, d’autres agglomérations françaises, de plus en plus nombreuses, font le choix de développer leur étoile ferroviaire jusqu’à les placer au cœur de leur stratégie de déplacements métropolitains.

Nous nous déplaçons pour cet article à 800 km vers le nord, dans l’agglomération de Rouen.

Le ferroviaire au cœur du PDU de l’agglomération

Le plan de déplacements urbains (PDU) de la métropole de Rouen-Normandie regroupant 71 communes et près de 500 000 habitants a été adopté en 2014. Il organise la mobilité pour les prochaines décennies sur l’agglomération et contient plusieurs orientations ainsi qu’un plan d’actions précises associée à chacune des orientations.

On constate que le système ferroviaire est au cœur de la stratégie de la métropole rouennaise. La première orientation consiste à « compléter et organiser les réseaux de déplacements ». Pour répondre à cet objectif, 4 fiches actions permettent de répondre de façon opérationnelle à cette orientation :

  • · Poursuivre le développement des infrastructures de déplacements
  • · Favoriser l’intermodalité
  • · Améliorer les performances du réseau de transports collectifs existant
  • · Adapter l’offre collective de transport à l’échelle péri-urbaine

Ces grandes actions génériques sont déclinées en actions opérationnelles dont la première est de : « Poursuivre l’amélioration de l’accessibilité ferroviaire à l’échelle locale, régionale et nationale ». Cette action visent à désaturer le nœud ferroviaire rouennais tout en augmentant sa capacité est phasée en 3 temps : court, moyen et long terme.

Une première ligne de train déjà diamétralisée

La première phase prévoyait : la diamétralisation de l’axe Yvetot-Rouen-Elbeuf grâce à la création d’un terminus en gare d’Yvetot (à 40 km au nord) et à Elbeuf-Saint-Aubin (à 25 km au sud), l’électrification de quelques kilomètres de voies entre Oissel sur l’axe Rouen-Paris et Elbeuf, et enfin, le remplacement de la signalisation par un système plus performant. Le PDU précise que la Métropole participe à l’action qui est pilotée par un ou plusieurs partenaires dont la région Normandie.

Le contexte de cette diamétrale Yvetot-Rouen-Elbeuf est contraint puisqu’il s’inscrit à 90% sur le corridor Paris-Rouen-Le Havre, particulièrement chargé en trains de voyageurs et fret. D’autre part la gare centrale de Rouen-Rive-Droite coincée entre 2 tunnels et 2 murs de soutènement est limitée à 6 voies à quai pour accueillir plus de 120 trains au départ un jour de semaine. A titre de comparaison la gare de Toulouse-Matabiau dispose de 14 voies dont 4 en impasse et accueille 160 trains au départ.

Quelques années après, en 2019, cette première phase est achevée et la diamétrale Yvetot-Rouen-Elbeuf dispose d’un cadencement à l’heure chaque jour de la semaine. Ce cadencement est complété en heure de pointe par des liaisons Yvetot-Rouen. Il aura donc suffi de quelques années et d’un financement relativement restreint pour mettre en place cette relation diamétrale qui vient alléger l’exploitation de la gare de Rouen-Rive-droite tout en proposant un service de meilleure qualité pour la mobilité de l’agglomération.

On ne parle pas encore ici de RER et le cadencement n’est pas totalement abouti (dernier train à 20h et quasi aucun train le dimanche) mais c’est un premier pas visant à désaturer un nœud ferroviaire contraint en adoptant une démarche de liaisons diamétralisées, dans le but affiché d’augmenter progressivement la capacité du réseau pour faire du train la colonne vertébrale de la mobilité dans la métropole de Rouen.

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