Jean-Pierre Wolff, Professeur des universités au Département de Géographie, Aménagement, Environnement de l’Université Toulouse II Jean Jaurès, soutient le projet « Rallumons l’Etoile ! ».

« A l’instar d’autres agglomérations similaires en Europe, Toulouse dispose d’une étoile ferroviaire qui pourrait répondre en partie aux difficultés des territoires se trouvant au-delà de la rocade. […] Les modèles néerlandais, allemands ou helvétiques sont là pour servir d’exemples à ce qui pourrait être fait à Toulouse. […]

Cela implique que la Métropole et la Région portent un projet commun pour l’intérêt des habitants de la grande métropole toulousaine.« 

 

En bonus, ses arguments détaillés dans les vidéos et le texte ci-dessous.


A l’occasion du débat préliminaire sur le projet de troisième ligne de métro, Jean-Pierre Wolff est intervenu à deux reprises à la demande de la Commission Nationale du Débat Public. A ces deux occasions, il est revenu sur l’importance de réfléchir à une meilleure utilisation de l’étoile ferroviaire.



L’URGENCE DE L’ACTIVATION DE L’ÉTOILE FERROVIAIRE TOULOUSAINE

Même si les difficultés de déplacement n’ont pas disparu dans le cœur de l’agglomération toulousaine, il n’en demeure pas moins, que depuis 1993 elles ont bien diminué suite à la réalisation de deux lignes de métro, de deux lignes de tram et de la reconfiguration totale du réseau de bus. Avec l’accomplissement du Plan Mobilité 2020-2025-2030 dans un avenir proche, elles vont encore reculer dans le centre de la métropole toulousaine, tandis qu’au-delà du périphérique, elles vont malheureusement encore s’accroître renforçant les oppositions entre la commune de Toulouse et toutes les autres ne disposant pas de ces lignes stratégiques.

Pourtant à l’instar d’autres agglomérations similaires en Europe, Toulouse dispose d’une étoile ferroviaire qui pourrait répondre en partie aux difficultés des territoires se trouvant au-delà de la rocade. En effet, six lignes ferroviaires desservent des zones périurbaines qui se sont fortement urbanisées depuis les années 1970, souvent au départ dans la plus grande anarchie autour d’axes routiers qui tous n’étaient pas et ne sont toujours pas capables, aux heures de pointe, de faire face à l’importance du trafic routier. Le développement du covoiturage, de l’autopartage, la mise en place de lignes de bus express ou la construction d’une nouvelle infrastructure autoroutière n’arriveront pas à elles seules, ni à supprimer, ni à faire reculer les contraintes supportées par les migrants pendulaires. Le seul levier vraiment efficace est de mettre en place une politique globale des mobilités et des transports, construite sur les transports collectifs lourds et capacitaires, combinée au réseau TISSEO. Les 6 branches de cette étoile ferroviaire sont une opportunité à saisir de toute urgence pour répondre efficacement sur le plan économique, écologique et social aux problèmes de déplacement qui pénalisent l’ensemble des habitants et des entreprises de l’aire métropolitaine.

Les modèles néerlandais, allemands ou helvétiques sont là pour servir d’exemples à ce qui pourrait être fait à Toulouse, si toutes les autorités organisatrices des mobilités et des transports se mettaient d’accord pour accorder cette priorité aux transports ferroviaires complémentaires des transports collectifs urbains et des nouvelles initiatives en faveur d’un réseau express vélo à l’échelle de l’agglomération. Il est souhaitable, que sur toutes ces lignes ferroviaires, Toulouse-Métropole et la Région Occitanie trouvent des solutions pour créer un réseau de type RER dont les terminus pourraient être Villefranche-de-Lauragais, Saint-Sulpice-sur-Tarn, Castelnau-d’Estrétefonds, l’Isle-Jourdain, Muret ou Saverdun et qui seraient desservis au début toutes les 15 minutes en heure de pointe et le reste du temps à la demi-heure. Cela implique que la Métropole et la Région portent un projet commun pour l’intérêt des habitants de la grande métropole toulousaine. Les études techniques et les aménagements ferroviaires à réaliser ensuite sur les voies ferrées, exigent qu’une décision politique soit prise rapidement par tous les acteurs concernés pour que ce projet puisse voir le jour le plus rapidement possible. Il s’agit pour la métropole toulousaine d’un enjeu prioritaire pour répondre aux besoins des populations captives d’un système routier de moins en moins pertinent écologiquement, économiquement et socialement. Relevons le défi des déplacements en développant un RER sur l’étoile ferroviaire toulousaine.

Jean-Pierre Wolff

Professeur des universités

Spécialiste des politiques de transport


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